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Ce qui influence notre réponse aux agents stresseurs

Ce qui influence notre réponse aux agents stresseurs

Tout est susceptible de nous causer du stress dans notre vie quotidienne. Il y a des facteurs qui feront que certaines personnes réagiront en général plutôt bien aux différents stresseurs alors que d’autres seront facilement déstabilisées par le moindre événement stressant. Certains agents stresseurs agiront négativement sur des personnes alors que chez d’autres, ils seront source de motivation. On nomme ces facteurs, les conditions qui influencent notre réponse aux agents stresseurs.
Les conditions les plus importantes, dont je vous parlerai dans cet article, sont : les facteurs naturels de santé constituant notre histoire personnelle, le degré de sévérité des agents stresseurs, notre capacité de résister aux agents stresseurs, notre interprétation de la situation, les soutiens situationnels et les mécanismes de résolution de problèmes que nous utilisons.
Facteurs naturels de santé constituant notre histoire personnelle :

Nous avons tous des parents, une famille, un environnement social et culturel, une hérédité. Ces facteurs naturels et physiques, macro-sociaux, micro-sociaux et psycho-développementaux nous ont construits et font que nous résistons plus ou moins adéquatement aux agents stresseurs. Les mêmes facteurs naturels peuvent contribuer à renforcer ou affaiblir une personne : tout dépend comment la personne les perçoit et s’en sert pour se développer.

" Nos faiblesses et nos souffrances d’hier peuvent devenir notre force et notre richesse d’aujourd’hui"
Citation du Dr. Robert Guinée dans « Les maladies, mémoires de l’évolution »

Osons nous questionner, afin de mieux comprendre les facteurs qui influencent encore notre façon de réagir aux agents stresseurs et qui facilitent ou non notre adaptation dans les situations qui génèrent du stress.

Facteurs naturels et physiques :

• Est-ce que je vis ou ai-je vécu antérieurement, dans un milieu physique agressant (pollution, guerre, famine, chaleur ou froid extrême, bruit intense et continu, etc.), qui ferait que je suis plus rapidement vulnérable ?
Facteurs macro-sociaux :

• Quelles valeurs m’ont été transmises par ma famille et par mon clan ?
• Est-ce que je vis ou ai vécu dans une région ou un pays vivant un fanatisme religieux ou plutôt dans un pays transmettant des valeurs religieuses franchement libérales ?
• Les traditions qui m’ont été transmises de génération en génération favorisent-elles un sentiment d’appartenance ?
• Est-ce que je vis ou ai-je vécu dans une société désorganisée socialement, à multiples conflits ethniques ou inégalités sociales, etc.?
Facteurs micro-sociaux :

• Quelle éducation ai-je reçue de mes parents, de mes éducateurs scolaires et religieux ?
• Ai-je subi de la violence ou de la négligence dans mon milieu familial ?
• Est-ce que je vivais dans un milieu extrêmement riche ou pathétiquement pauvre ?
• Comment étaient tissées les relations familiales ? Serrées, avec des frontières rigides ou bien très larges où aucune frontière n’existait ? « On y entrait ou en sortait comme dans un moulin. »
• Mes parents étaient-ils trop ou pas assez autoritaires ?
Facteurs psycho-développementaux :

• Mon milieu familial a-t-il contribué positivement ou négativement à me développer une identité ?
• Ai-je été motivé par mon environnement social à m’adapter aux problèmes de l’existence ? Ai-je eu des renforcements positifs ou négatifs pour m’apprendre le comportement adéquat ?
• Comment m’a-t-on appris à percevoir les situations ? M’a-t-on parlé d’un verre à moitié plein ou à moitié vide ? Mon parent a-t-il exagéré certains dangers par peur ou par une inquiétude exagérée ?
• L’amour de mes parents et de mon clan a-t-il contribué à mon estime de moi ou à ma vulnérabilité psychologique ?
Mon histoire personnelle est-elle plutôt avantageuse ou désavantageuse ?
Le degré de sévérité des stresseurs :

Les agents stresseurs qui jalonnent nos vies sont plus ou moins sévères.
Parmi les stresseurs les plus sévères, on trouve : les maladies chroniques, les conflits conjugaux, les décès, la violence familiale, les agressions sexuelles, les crises économiques, les désastres naturels, les catastrophes telles qu’un accident de la route ou une inondation, les carences affectives, l’isolement social, une maladie psychiatrique, une déficience physique sévère, etc.

Si nous avons subi ou subissons encore les effets de ces agents stresseurs, il est normal que notre adaptation soit plus difficile. Il nous faut travailler beaucoup plus fort pour nous adapter et atteindre ainsi un équilibre.

Par exemple, mon fils Jean-Pierre et ma belle-fille Véronique ont un enfant, Antoine, souffrant de paralysie cérébrale et d’autres handicaps. Les nombreux rendez-vous médicaux, ses problèmes d’élocution, l’unicité de sa personnalité reliée aux impacts de ses handicaps, tous ces facteurs et bien d’autres, exigent de grandes qualités à ces deux parents. Sans nul doute et sans nier leurs difficultés, ils ont eu la capacité de s’adapter, malgré la sévérité du stresseur.

Les agents moins sévères peuvent plus facilement devenir une condition favorable d’adaptation dépendant de la façon dont ils sont perçus et de notre attitude personnelle. Par exemple, les frustrations, les milieux compétitifs, les agressions bénignes, les critiques, les altercations, les conflits mineurs, etc. peuvent constituer des facteurs d’usure ou de surcharge physique et/ou psychologique, ou bien, être des incitatifs et des renforcements de notre structure de personnalité. On a vu dans l’exemple précédent que, Antoine et ses parents savent utiliser la difficulté pour renforcer leur personnalité et grandir.
Les agents stresseurs dans ma vie ont-ils été et sont-ils plutôt sévères ou peu sévères ?
Notre capacité de résister aux agents stresseurs :

L’être humain possède de nombreuses ressources pour résister aux stresseurs. Ces résistances aux stresseurs concernent tant l’individu que l’environnement et impliquent des réactions en interaction sur les axes biologiques, psychodéveloppemental et environnemental.

➢ Réactions physiologiques (axe biologique) : telles que la coagulation sanguine, la cicatrisation, la réaction anticorps-antigènes (dans les cas d’allergie), etc. Le corps, dans sa capacité d’homéostasie, sait et a habituellement toutes les ressources pour rétablir l’équilibre. Nous devrions lui faire davantage confiance plutôt que d’y aller trop rapidement avec des solutions extérieures telles que la médication par exemple.

➢ Réactions psychologiques (axe psychodéveloppemental) : telle que l’utilisation de plusieurs mécanismes de défense. Afin de nous protéger, nous avons appris à utiliser des mécanismes pour nous défendre tels que la projection ou la négation. Quand nous sommes en situation de stress, il peut être utile de s’y référer pendant un certain temps. Utilisés consciemment et sur une courte durée, ils nous permettent de prendre le temps de nous adapter et ainsi de survivre aux stresseurs.

➢ Réactions sociales (axe environnemental) : telles que les lois, les règles de vie, les règlements, les codes et les procédures, les mesures d’urgence pour les victimes et pour sanctionner les déviants. Ces structures, mises en place par nos hommes et femmes politiques, sont essentielles pour une vie sociale paisible et empreinte de liberté.

Malgré que la personne ait beaucoup de ressources pour résister aux facteurs de stress, il y a trois facteurs aggravants qui, quand ils sont tous les trois présents, risquent fort d’amener la personne en phase d’épuisement ou de maladie :

• l’inhibition de l’action : le fait de n’avoir aucune solution et aucun pouvoir sur l’environnement et l’événement, incite à la défaite et enlève toute possibilité de fuir ou d’agresser. Les échecs répétés peuvent amener la même réaction. D’un point de vue naturopathique, quand une personne ne perçoit aucune solution face à la maladie, ceci empêche son pouvoir auto-guérisseur de se mettre en branle, diminuant ainsi considérablement (jusqu’à 50%) ses chances de guérison.

• le fait d’être « pris à contre-pied » (sans y avoir été préparé) : subir un événement dramatique sans avoir pu le prévoir, sans nous y attendre, nous met dans un état de vulnérabilité extrême

• l’isolement : vivre une situation hyperstressante, sans pouvoir en parler et partager l’émotion qu’elle suscite, empêche la décharge émotionnelle et garde la tension dans le corps physique et psychique en permanenc
Mes ressources pour résister aux stresseurs sont-elles suffisantes ou insignifiantes ?
Ai-je un ou des facteurs aggravantts actuellement dans ma vie ?
Notre interprétation de la situation :

Le stress est une réaction très personnelle à un facteur de stress. Les facteurs qui influencent l’interprétation que nous faisons de la situation sont reliés à l’organisation particulière de notre personnalité, à notre bagage expérientiel, aux mécanismes de défense que nous privilégions, à nos valeurs individuelles et au sens qu’a cet événement pour nous.

Mis à part les événements dramatiques (traumatisants en soi), comme un accident, une guerre, une maladie grave ou un choc post-traumatique, les événements qui déclenchent le stress peuvent être vécus très différemment d’une personne à l’autre : traverser un pont suspendu peut s’avérer un stress énorme pour une personne, alors que ce sera très excitant pour une autre. Les deux vivent un stress mais la première sera à la limite de la détresse peut-être.
Quand nous affrontons une situation qui génère un stress, 3 manifestations se succèdent rapidement :

▪ L’événement comme tel
▪ Notre perception de l’événement
▪ La réaction de notre corps à notre perception de l’événement

La plupart du temps l’événement causant le stress est indépendant de notre volonté : nous ne l’avons pas choisi. Cependant, nous avons du pouvoir sur la perception que nous en avons et nous pouvons choisir de le percevoir positivement. Si nous percevons que nous sommes incapables de faire face à l’événement, notre corps par une décharge biochimique, réagit automatiquement en se préparant à attaquer ou à fuir : c’est cette réaction au stress qui se traduit dans un langage corporel qui en dit long sur l’intensité du stress vécu.

La décharge biochimique se produit, que la menace de danger soit réelle ou non. Si nous la croyons réelle, alors elle l’est pour notre corps. Il y a une expression en PNL qui dit : comme si = c’est. Donc le stress est bien réel même si le danger est imaginaire ou potentiel.

Cependant, advenant un danger réel, cette décharge rapide est fort utile et nous protège.

Si nous vivons beaucoup et régulièrement des décharges biochimiques reliées à des stress réels ou imaginaires, notre corps aura beaucoup d’ajustements à faire. II a besoin de temps pour récupérer après une réaction au stress afin de pouvoir refaire sa réserve d’hormones et de neurotransmetteurs requis lors de la décharge biochimique. Il est clair qu’un stress chronique devient malsain car le corps n’a pas le temps de refaire ses réserves d’énergie nerveuse et n’a donc pas ce qu’il faut pour récupérer, ce qui cause un épuisement à la longue.
Mon interprétation de la situation est-elle habituellement réaliste ou irréaliste
Les soutiens situationnels :

Heureusement, plusieurs d’entre nous avons des soutiens dans notre entourage pour affronter les principaux stress de notre vie. Ce sont les membres de notre entourage immédiat (famille et amis) et les professionnels de l’intervention psychothérapeutique. Ces soutiens peuvent toutefois être plus ou moins judicieux.

Ils sont judicieux quand ces personnes de notre entourage ou les thérapeutes de l’intervention sont accessibles et adéquats, quand leur influence est positive et quand leurs actions répondent vraiment et entièrement à nos besoins.

Ils s’avèrent moins judicieux quand ils brillent par leur absence, ou bien que leur présence n’est pas appropriée et suffisante.

Il arrive que les soutiens présents ne soient pas suffisamment significatifs ou bien qu’ils soient jugés inadéquats par nous, malgré qu’ils le soient. Très souvent aussi nous tardons à demander l’aide de ces soutiens. Il est parfois, et je dirais même souvent, plus facile de donner que de recevoir. Vous reconnaissez-vous ?
Est-ce que mes soutiens situationnels sont pour la plupart judicieux ?
Est-ce que je me permets d’avoir besoin d’aide et de demander cette aide ?
Les mécanismes de résolution de problèmes que nous utilisons :

Les situations qui sont problématiques nous causent du stress. Nous devons donc savoir résoudre nos situations problématiques et trouver les solutions qui diminuent le stress ou le contrôlent. Certains de nos mécanismes de résolution de problèmes sont adéquats et d’autres sont inadéquats.

Ils sont jugés adéquats quand nous réussissons à utiliser nos aptitudes et nos ressources pour interagir avec notre environnement afin de relever les défis apportés par la vie.

Ils sont jugés inadéquats quand, à cause d’une grande vulnérabilité physique et/ou psychologique, ou d’un manque de résistance aux stresseurs, ou d’une impossibilité totale d’agir sur l’environnement, ou d’une perception erronée de la situation, ou d’un manque de soutiens situationnels, etc., nous adoptons des comportements inadéquats tels que la fuite, le recours à des solutions nuisibles (alcool, drogue), la décharge émotionnelle incontrôlée, le découragement, etc., ne réussissant pas finalement à nous adapter et à résoudre le problème causant le stress. Le stress chronique s’installe alors, suivi de près habituellement, des symptômes de l’épuisement ou de la maladie physique et/ou psychologique.

Si nos mécanismes de résolution de problèmes sont plutôt inadéquats, c’est le bon moment de demander de l’aide pour réfléchir à nos façons de résoudre nos problèmes. Il suffit parfois d’un petit coup de pouce, une ou deux rencontres avec un professionnel, et nous sommes de nouveau capables de nous adapter et de bien gérer les situations de stress dans notre vie. Notre santé et notre équilibre émotionnel en dépendent.
Mes mécanismes de résolution de problèmes sont-ils en général adéquats ou inadéquats ?

Prenons bien le temps de questionner quelles sont les conditions gagnantes influençant nos réponses aux agents stresseurs dans notre vie actuelle, afin de les valoriser et de les renforcer. Concernant les conditions plutôt perdantes, osons la conscience critique face à nous-mêmes, à notre environnement et à nos conditionnements passés, afin de trouver quels changements pourront maximiser nos chances d’adaptation et de réduction de notre niveau de stress.

Monique Tremblay, dans son livre « L’adaptation humaine un processus biopsychosocial à découvrir », nous met cependant en garde :

" L’équilibre parfait entre l’adaptation interne et externe dans toutes les situations données est impossible et dépasse les limites de l’être humain.

… Afin de maintenir son équilibre mental, une personne doit éviter deux écueils. Elle doit résister, premièrement, aux désirs de s’adapter à tout prix à son environnement en dissolvant son « moi ». Elle doit éviter, deuxièmement, de ne pas faire un effort suffisant d’insertion convenable dans la société en devenant nuisible à son entourage. "
M’est-il arrivé et m’arrive-t-il encore de m’adapter trop, « à tout prix », si bien que mes besoins sont mis au rancard dans un certain secteur de ma vie ?