Un psychologue à Bergerac ?

Le corps mental

Notre ego : un instrument à connaître

Notre ego est un instrument précieux. Il constitue notre personnalité. Jung le définit comme « … la sensation d’être une entité séparée et distincte, nous donnant un sentiment de JE ». C’est notre identité.

Pour atteindre l’équilibre émotionnel, nous avons besoin de comprendre la dynamique de notre ego. Ce dernier a un rôle extrêmement important à jouer et il est en grande partie responsable de nos problèmes d’équilibre en matière émotionnelle.

Je vous propose aujourd’hui de questionner le rôle qu’il joue sur le plan de notre personnalité. Le sujet est vaste, très certainement pertinent, mais aussi très personnel. Chacun de nous avons vécu des expériences dans nos jeunes années qui ont marqué notre vie actuelle. Ces expériences heureuses et malheureuses, où nous avons emmagasiné dans nos souvenirs toutes les émotions y étant reliées, influencent encore nos choix et nos motivations et font de notre équilibre émotionnel, un facteur naturel de santé équilibré, carencé ou surinvesti.

L’ego est souvent associé au mental. Pour comprendre la dynamique de l’ego, nous devons savoir que le mental peut être divisé en deux parties :

Le mental inférieur

Le mental inférieur qui appartient intrinsèquement à la personnalité et est intimement relié à la mécanique émotionnelle. Ce mental inférieur fonctionne comme un ordinateur, à partir d’automatismes du passé et des mémoires enregistrées dans l’inconscient. Quand une nouvelle donnée arrive au cerveau par le biais des sens, le mental inférieur ayant enregistré toutes les expériences passées, réagit automatiquement et très rapidement : il analyse la nouvelle donnée et détermine si elle ressemble à quelque chose du passé, afin de vérifier si la personne est en danger (de souffrir). Et si un petit détail y ressemble, toutes les mémoires d’émotions, de sensations physiques, de comportements de défense utilisés à ce moment-là du passé, surgissent alors dans l’inconscient et réactivent les mêmes réponses que dans le passé. N’oublions pas que le mental inférieur est semblable à un ordinateur qui a tout enregistré et qui réagit en mettant en place des programmes de survie. C’est ce que nous appelons nos conditionnements passés.

Le mental supérieur

Le mental supérieur lui, est en contact direct avec le Moi supérieur (notre âme). Le mental inférieur fonctionne comme un ordinateur, à partir des mémoires d’événements enregistrées dans notre inconscient alors que le mental supérieur assure le lien entre l’âme et la personnalité. Il transmet à la personnalité l’information relative aux désirs et besoins de l’âme. La personnalité et l’ego peuvent alors devenir de plus en plus intégrés et harmonisés à l’âme.

Dans une vision de santé globale physique, émotionnelle, mentale et spirituelle, l’ego sert d’instrument pour accéder au spirituel : un instrument qui transmet de l’information des niveaux inférieurs au niveau supérieur et un instrument à travers lequel le Moi supérieur (notre âme) s’exprime. Nous communiquons grâce à notre personnalité, notre ego. Cependant, avant de pouvoir en faire un instrument valable, nous devons le purifier et s’en faire un allié.

Plus nous développerons notre conscience des mémoires passées qui ont encore un impact sur nos croyances et nos comportements, plus nous pourrons contrôler l’action de cet ego, afin qu’il nous permette d’avoir accès à la sagesse de notre Moi supérieur. Quand nous parlons de contrôler l’action de l’ego, nous parlons de contrôler un ego soumis à nos conditionnements passés et voulant les protéger à tout prix. Nous ne parlons pas ici de la partie de notre ego qui reflète bien notre personnalité lumineuse et crée alliance avec notre Source, notre essence et notre nature profonde.

Nous comprenons mieux maintenant comment notre ego est un instrument précieux.

"Ne poursuivez pas le passé, ne vous perdez pas dans le futur. Le passé n’est plus, le futur n’est pas encore". Bouddha

Notre ego peut devenir un instrument mal accordé

La période de nos premières années de vie nous a confrontés à des expériences parfois douloureuses. Ces expériences vécues dans l’enfance constituent une partie de notre mémoire émotionnelle et c’est à partir de ces expériences que l’ego se constitue un système de défense. Quand nous vivons un événement qui nous contrarie, qui ressemble à notre passé ou que nous considérons nocif et dangereux pour nous, nous avons l’instinct de vouloir nous protéger. Nous appelons ce système de protection un système de défense. Ces défenses sont créées de toutes pièces par la partie de l’ego qui relève du mental inférieur et qui veut assurer notre survie. Il interprète les événements vécus et en constitue une mémoire active afin de nous protéger dans toute situation qui nous a déjà fait souffrir et qu’il considère semblable à celle du passé, donc potentiellement souffrante. C’est ainsi que se sont créés des automatismes de réponses : des peurs, des doutes, des incertitudes, des croyances, des sentiments d’incompétence, des dégoûts, des agacements inexpliqués, etc. qui ne font que répéter des attitudes et des comportements de situations antérieures alors que nous étions enfant.

Quand, lors d’une expérience précise, celle-ci nous rappelle, quelquefois par un infime détail, une situation désagréable ou traumatisante, vécue la plupart du temps alors que nous étions enfant, notre instrument, notre ego, peut se désaccorder et produire un son plus ou moins harmonieux. Il se sent menacé et réagit en se défendant. Ces systèmes de défense, appropriés dans le passé, sont, la plupart du temps, inappropriés dans les situations présentes. Ils limitent nos actions, nous empêchent de voir la réalité présente, nous maintiennent dans le passé plutôt que dans le présent. Tant que nous ne prendrons pas conscience des limites de ces systèmes et à quel point ils nous nuisent et nous font souffrir, la qualité de notre vie physique, affective, relationnelle et professionnelle risque fort de s’en trouver bien au-dessous de la qualité optimale que nous souhaitons.

Nous devons donc nous désidentifier de notre ego défensif, en développant la conscience de ces mémoires qui activent chez-nous un mécanisme de protection et de défense, nous faisant adopter des comportements qui ne nous servent plus, nuisent à notre développement, nous maintiennent dans des attitudes négatives et nous empêchent de découvrir et d’actualiser notre plein potentiel. En prenant conscience de ces mémoires passées qui réactivent des patterns de comportement et des émotions négatives envahissantes, nous pouvons commander à notre ego d’ignorer en quelque sorte ces mémoires, puisqu’elles ne nous sont plus utiles. Ce faisant, nous devenons maître de notre instrument et habité par un Ego avec un grand E, au service de notre développement et de notre actualisation.

Attention, il demeure important d’avoir un système de défense et de l’utiliser à bon escient. Ce système devient nocif quand nous l’utilisons alors qu’aucun danger réel n’existe.

Ego défensif

Voici quelques attitudes qui démontrent que nous sommes encore identifiés à un ego défensif.

Nous avons :

- peur d’être jugé ou d’être rejeté, peur de ne pas être aimé, peur de manquer, peur de l’échec ou de ne pas être à la hauteur,
- besoin d’approbation constante, besoin d’avoir raison et de gagner,
- Le goût d’imposer notre pouvoir,
- l’impression d’être un imposteur,
- tendance à rendre les autres responsables de ce qui nous arrive,
- l’habitude de déformer la réalité,
- des sentiments de culpabilité...

Lorsque nous avons réussi à nous désidentifier de la partie de l’ego qui confond conditionnements passés et réalité, lorsque nous devenons maître de notre instrument, lorsque nous nous connectons à notre cœur et que nous choisissons d’être dans l’instant présent plutôt que dans le passé, nous devenons aptes à jouer de magnifiques mélodies. Elles deviennent alors les notes harmonieuses d’un instrument bien accordé : notre personnalité. Ces mélodies, inspirées de notre essence profonde, traduisent nos pensées, nos sentiments et nos émotions les plus élevés.

Ego harmonieux

Lorsque notre instrument, notre Ego, a appris à jouer harmonieusement :

- il perçoit la réalité sans le filtre des jugements, des perceptions et des préjugés,
- il développe la conscience de ses conditionnements passés, afin de ne pas laisser la direction de sa vie à un ego trop préoccupé par sa survie
- il cesse d’avoir peur, sachant que la peur est très souvent une illusion du mental inférieur confondant passé et réalité présente
- il fait preuve d’amour compassion d’abord envers lui-même,
- il renforce chaque jour davantage la croyance que ce qu’il est, en ce moment présent, est parfait
- il a une haute estime de lui-même, conscient de toutes ses richesses et potentialités,
- il choisit de faire de chaque expérience qu’il attire dans sa vie, une occasion de mieux se connaître et se développer,
- il prend responsabilité des émotions qu’il ressent, ne rendant plus les personnes et les événements extérieurs responsables de ses malheurs
- il est maître de son mental et il le fait taire quand il est inapproprié ou nuisible.

Voilà le beau défi qui nous attend au quotidien. C’est un long chemin sur lequel nous avons besoin de patience et de compassion envers nous-mêmes. C’est, à mon avis, le seul chemin à fréquenter et il est semé de petits et grands bonheurs.

"Celui qui est le maître de lui-même est plus grand que celui qui est le maître du monde"
Bouddha

Question de stratégie

Tout ce que nous réalisons dans la vie débute par une stratégie. Le moindre geste et la plus infime décision découlent du résultat d’une stratégie. Nous pouvons définir la stratégie comme étant une séquence de comportements externes et de représentations internes afin de poser un geste ou prendre une décision. Tous les comportements humains résultent d’abord d’un processus interne qu’on appelle stratégie.

Même mes chats ont des stratégies quand ils veulent sortir dehors, et chacun d’eux a sa propre stratégie : Bouba monte d’abord sur la table puis se dirige vers la porte, tandis que Mimine s’en prend à Coquette qui ne veut pas s’amuser, et c’est la guerre. Cela, tout simplement parce qu’ils veulent nous signifier vouloir aller dehors. Spontanément, quand ils voient que nous ne comprenons pas, ils changent leur stratégie en amplifiant leur comportement. C’est très intéressant à observer. Si nous pouvions, aussi naturellement qu’un chat, nous réajuster rapidement, nous ne stagnerions pas aussi longtemps dans nos comportements stériles ou nos mauvaises décisions.

Avez-vous déjà observé vos stratégies, ou bien, comme la plupart d’entre nous, vous laissez- vous guider ou mener par votre inconscient sans vous poser ces questions bizarres ?

Par exemple, que faites-vous pour vous lever le matin ou ne pas vous lever ?

Quelle est la première chose dont vous êtes conscients avoir faite, dès votre réveil ? Avez-vous entendu un son ? Avez-vous vu une image dans votre tête ? Avez-vous utilisé un dialogue intérieur ? Avez-vous ressenti une émotion quelconque ?

Pour avoir souvent posé la question, voici différentes stratégies de levée du lit qui m’ont été racontées. Elles sont efficaces ou inefficaces, tout dépendant de l’intention manifestée.

Il est 6 heures : le réveille-matin sonne, j’entends sa sonnerie et je l’arrête ; je regarde l’heure et je m’imagine à la réunion, que j’animerai ce matin, au bureau ; je me sens contrariée ; je sens la chaleur des couvertures ; je me dis qu’il me reste encore un peu de temps ; je me tourne ; je me rendors, sans remettre la sonnerie. Oh ! Oh !

Il est 6 heures : comme à tous les matins vers la même heure, je me réveille ; je m’imagine au bureau, prenant un café, tout en discutant avec mes collègues ; je me dis que j’aime ces femmes avec qui je travaille ; je me sens privilégiée ; je me lève.

Il est 6 heures : j’entends le réveille-matin lancer son cri strident ; je sens mon cœur battre la chamaille ; je me sens frustrée d’avoir à me lever si tôt ; je me dis que je suis fatiguée, m’étant couchée plutôt tard ; j’imagine l’autobus scolaire qui arrête prendre les enfants à 7 heures 45 ; je me lève aussitôt en vitesse, cessant mon dialogue intérieur, mais quand même un peu contrariée.

Il est 6 heures : je sens une main chaude caresser mon dos ; je me réveille tout doucement et tranquillement ; je me sens heureuse et me dis que la vie est belle ; je sens l’odeur du café ; "Merci la vie", "Merci mon amour" et hop debout.
Parmi ces stratégies, vous avez pu constater que la décision de se lever ou de rester au lit, est précédée de séquences utilisant nos sens : visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et un dialogue intérieur.

Visuel : vous pouvez voir dans votre tête un objet ou une personne, ou bien, vous pouvez imaginer une scène que vous avez déjà vécue ou que vous aimeriez vivre.
Auditif : c’est un son extérieur ou intérieur que vous entendez.
Kinesthésique : fait référence à une émotion ressentie ou à un geste que vous posez.
Olfactif : vous sentez une odeur réelle ou imaginée.
Dialogue intérieur : vous vous parlez à vous-même

Afin de vous montrer comment modifier vos stratégies, prenons la stratégie 1 et décortiquons-la :

Il est 6 heures : le réveille-matin sonne,
- j’entends sa sonnerie (Auditif)
- et je l’arrête (Kinesthésique)
- je regarde l’heure (Visuel)
- je m’imagine à la réunion que j’anime au bureau à 9 heures (Visuel)
- je me sens contrariée (Kinesthésique)
- je sens la chaleur des couvertures (Kinesthésique)
- je me dis qu’il me reste encore un peu de temps (Auditif)
- je me tourne (Kinesthésique)
- je me rendors sans remettre la sonnerie (Kinesthésique)
- Oh ! Oh !

C’est une stratégie qui, de toute évidence, n’a pas marché.

Quelle séquence pourrait être modifiée pour que cette personne réussisse à se lever et à arriver à temps à son travail ?

Voici une suggestion : je rajoute les trois séquences suivantes après la séquence 5.
- je choisis de modifier ma pensée et je développe l’intention que ma réunion se passe bien (Dialogue intérieur)
- je me vois dynamique et joyeuse pendant que j’anime cette réunion (Visuel)
- j’entends les membres de mon équipe me féliciter pour la conclusion de cette rencontre (Auditif)

Voyons comment ces trois séquences changent complètement le reste de la stratégie :
Il est 6 heures : le réveille-matin sonne,
- j’entends sa sonnerie (Auditif)
- je regarde l’heure (Visuel)
- et je l’arrête (Kinesthésique)
- je m’imagine à la réunion que j’anime au bureau à 9 heures (Visuel)
- je me sens contrariée (Kinesthésique)
- je choisis de modifier ma pensée et je développe l’intention que ma réunion se passe bien (Dialogue intérieur)
- je me vois dynamique et joyeuse pendant que j’anime cette réunion (Visuel)
- j’entends les membres de mon équipe me féliciter pour la conclusion de cette rencontre (Auditif)
- je regarde l’heure à nouveau (Visuel)
- je me sens motivée (Kinesthésique)
- je me lève (Kinesthésique)
- je me sens en pleine énergie et prête à l’action (Kinesthésique)

Nous comprenons mieux maintenant que, si nous développons la conscience de ce qui se passe lors des gestes que nous posons ou des décisions que nous prenons, nous pourrons facilement opérer les changements requis, afin de modifier nos stratégies inefficaces.Il existe de multiples possibilités pour modifier les séquences d’une stratégie. Devenons donc plus conscients de nos comportements et de nos processus internes, ainsi, nous pourrons changer les stratégies non gagnantes pour des stratégies génératrices de succès, d’efficacité, de plaisir et d’accomplissement.

"Nous ne pouvons résoudre les problèmes en demeurant au niveau de réflexion
où nous nous trouvions lorsque nous les avons créés"
Einstein