Un psychologue à Bergerac ?

Différentes manifestations de résistance

Nos résistances peuvent se manifester de bien des façons. Voici quelques exemples, inspirés de la vie quotidienne :

Je ne réussis pas à abandonner un comportement qui nuit à mon développement ou à ma santé (par exemple fumer), je persiste dans ce comportement alors que je désire changer : je résiste donc à changer, malgré la connaissance que ce serait mieux pour moi.

Je ne pose pas le geste ou ne dis pas la parole qui admettrait mon tort ou ma responsabilité dans une relation d’amitié à laquelle je tiens : je résiste à améliorer ou du moins à entretenir ma relation d’amitié.

Je retarde constamment une action que je sais devoir poser (ménage, jardinage, appel téléphonique, etc.) : je procrastine, donc, je résiste à ma petite voix intérieure m’indiquant ce qu’il serait bon de faire pour me sentir tranquille.

Je suis incapable de tolérer le silence alors, je le remplis de musique, de paroles, de gestes, de lectures, etc. : je résiste à m’intérioriser et à créer un climat de calme à l’intérieur de moi.

Je ne prends jamais de moments de repos, je m’acharne à m’accommoder d’horaires tellement chargés que je n’ai jamais de temps pour moi : je résiste à prendre soin de mon corps, à me faire plaisir.

Je doute de ma valeur et souvent, je ne me sens pas à la hauteur : je résiste à m’actualiser, à reconnaître ma nature lumineuse (mon côté lumière que sont mes qualités et mes forces).

Je ne partage pas totalement mes idées dans un groupe, à mes amis ou à mon conjoint, par peur du rejet ou du conflit : je résiste à exprimer l’Être que je suis dans sa totalité, je bafoue mon intégrité.

Dans un processus thérapeutique, que vous soyez le client ou le thérapeute, voici quelques exemples de comportements qui dénotent certaines résistances :

Je prépare tellement les séances qu’il n’y a aucune place pour les silences, l’inattendu et l’expression spontanée : ai-je peur d’être jugé ?

Je tiens à ce que les séances se passent toujours de la même façon, comme un rituel, ainsi tout est prévu et rien ne peut survenir que je n’aie pas planifié : ai-je peur de perdre le contrôle ?

Je n’aborde que des sujets superficiels, je bavarde, je reste dans la narration d’événements extérieurs, je parle beaucoup mais pour ne rien dire, je banalise mes propos : ai-je peur de souffrir ? Est-ce que je résiste à contacter mon ombre, mon inconscient ?

Je n’ai rien à dire quand on me questionne sur les impacts de la séance passée ou sur ce qui a changé dans ma vie ou sur ce qui se passe dans mes relations ; c’est le vide et le silence car je n’arrive même pas à penser : ai-je peur de ce que je vais découvrir sur moi, de ce que mon inconscient peut m’apprendre ? C’est un mauvais tour de notre mental qui oublie même ce qui a été très important pour nous de contacter lors d’une séance thérapeutique : c’est une forme de résistance.

Je m’endors pendant une séance d’induction ou une visualisation : ai-je peur des émotions ou des souvenirs qui pourraient émerger et m’apporter de la souffrance ?

Je ne ressens aucune émotion, ce qui se traduit par un discours sans affect ou un affect un peu artificiel (de commande), comme la « bonne humeur » (« Tout va bien », « Je sens que ça va beaucoup mieux ») : ai-je peur de ressentir, de souffrir, de changer ?

J’évite de parler de certains sujets, généralement ceux qui ont trait à la sexualité, à l’argent, à certaines pratiques et comportements, sources de honte ou de culpabilité, comme la dépendance par exemple : ai-je peur d’être jugé ou rejeté ?

J’ai un comportement qui démontre un malaise avec mon thérapeute tel que : évitement du regard ou refus de parler de la relation thérapeute/client ou idéalisation de la thérapie ou du thérapeute, etc. Ces comportements peuvent manifester une résistance au transfert. Le transfert étant normal dans un processus psychothérapeutique , ce comportement démontre une résistance à entrer pleinement dans la thérapie : ai-je peur des changements qui s’imposeront à moi ou de mes émotions ou de perdre l’amour du thérapeute ?

Il m’arrive souvent de faire des « acting out » tels que : oubli de rendez-vous, déplacements continuels, retards ou maladies fréquentes, oubli de payer et toute autre forme d’acting out : ai-je peur de changer ? Est-ce que je résiste à poser les gestes ou à faire tout en mon pouvoir pour changer ?

Je parle plus du travail psychothérapeutique en théorie que je ne parle réellement de moi-même : est-ce parce que je veux faire bonne impression auprès de mon thérapeute ? Ou bien ai-je peur de ne pas être à la hauteur et d’être jugé ?

Penser que j’ai suffisamment changé et que je peux maintenant cesser le processus psychothérapeutique peut être une forme de résistance à changer en profondeur. À nous d’examiner les motifs réels de cessation : est-ce parce que j’ai atteint mes objectifs ou bien parce que je recule devant l’épreuve ?

Quand nous adoptons des comportements résistants, nous le faisons en toute bonne foi, et généralement en toute inconscience. Nous sommes envahis par la peur, nous sentons le besoin de nous protéger d’un éventuel agresseur (un quelconque danger potentiel), nous nous défendons.
Et vous,

Quelle serait votre définition de la résistance, dans une vision thérapeutique ?

À quoi résistez-vous principalement ?

Comment se manifeste votre résistance ?

Si vous êtes un professionnel de la relation d’aide,

Comment réagissez-vous face à un comportement résistant de la part de votre client ?

Vous arrive-t-il, dans votre rôle d’aidant, de sentir que vous résistez ? Si oui, à quoi et à qui ?

"On rencontre sa destinée souvent par les chemins qu’on prend pour l’éviter"
Jean de la Fontaine